Liga - Le Real en champion

En s'imposant à Bilbao (0-3), le Real Madrid a remporté son 32e titre de champion d'Espagne. A deux journées de la fin, les Merengue comptent toujours sept points d'avance sur le FC Barcelone qui ne peut plus les rejoindre. C'est le premier de José Mourinho et le premier du club depuis 2008.



Quatre ans que le peuple Merengue attendait cela. Une éternité, une traversée du désert. Trois buts pour l'envoyer au paradis. Brillant vainqueur de l'Athletic Bilbao (3-0) dans sa cathédrale de San Mamés, mercredi soir, grâce à des buts de Gonzalo Higuain (15e), Mezut Ozil (19e) et Cristiano Ronaldo (50e), le Real s'est offert le 32e titre de sa prestigieuse histoire. Un sacre annoncé depuis la victoire des Madrilènes sur la pelouse du Barça (2-1), le 22 avril dernier, mais que les Madrilènes ont eu le mérite d'aller chercher deux journées avant le terme de championnat.
Les coéquipiers de Karim Benzema, remplaçant mercredi soir, verront donc la déesse de la fontaine Cibeles à Madrid - lieu de célébration habituel des titres du club blanc - jeudi à 19 heures, comme l'a annoncé le club avant même la victoire sur les Basques. Un soulagement pour un club et une institution qui ne supportaient plus de voir Barcelone imposer une domination impitoyable depuis l'arrivée de Guardiola en 2009. Une libération pour des millions de supporters à travers le monde.
Mourinho dans l'histoire
Eliminé par le Bayern Munich en demi-finale de la Ligue des Champions, José Mourinho aura pourtant réussi le principal défi de sa saison: mettre fin à l'hégémonie du Barça. Une équipe pourtant jugée indétrônable en début de saison. Avec ce sacre, le technicien portugais rentre dans les annales en devenant le premier entraineur à remporter les trois championnats les plus importants d'Europe: l'Angleterre (Chelsea), l'Italie (Inter Milan) et l'Espagne. Le "Special One" l'a toujours dit, ses deuxièmes saisons à la tête d'une équipe sont toujours les meilleures. Quoi qu'en disent ses détracteurs, il aura tenu parole.
Comme un symbole, c'est Cristiano Ronaldo qui a inscrit le dernier but de cette soirée magique pour les Madrilènes. Auteur d'une saison stratosphérique marquée par 44 buts, l'ancienne star de Manchester United tiens enfin cette Liga qui lui échappait depuis 2009. Sans rien enlever à ses coéquipiers, ce trente-deuxième titre en Liga du Real porte incontestablement son sceau. Dans son duel à distance avec Lionel Messi, le Portugais tient enfin sa revanche.
Benzema a aussi pesé
On ne compte plus les fois où les Merengue se sont reposés sur leur artilleur favori pour débloquer des rencontres bien mal embarquées. Si le but de la victoire lors du dernier Clasico (2-1) ressort forcément, son époustouflant triplé sur la pelouse de l'Atlético Madrid (4-1), le 11 avril dernier, alors que le Real était bousculé comme rarement, symbolise sa capacité à faire la différence seul, ou presque, quand l'enjeu l'exige.
Titulaire régulier cette saison, auteur de vingt buts en championnat, Karim Benzema a également pesé de tout son poids dans ce titre. Altruiste, disponible sur tous le front de l'attaque et décisif, l'ancien lyonnais s'est imposé comme le complément parfait de la star portugaise. Le Français l'a prouvé, le prestigieux maillot du Real n'est pas trop lourd à porter pour lui. Après avoir passé quatre ans à envier leur meilleur ennemi catalan, lui et ses coéquipiers ont réussi à redonner de la fierté à leurs supporteurs. Ceux-ci sauront sûrement leur rendre au centuple. Jeudi à 19 heures. La déesse n'attend plus qu'eux.
Hichem SADAOUI / Eurosport